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DEFINITION DE ::  JEAN VILAR



Jean Vilar

Né à Sète, fils d'un camelot, Il abandonne ses études de lettres et se rend à Paris en 1932 à Paris où il rencontra Charles Dullin (cours de théâtre) et le philosophe Alain. Après avoir été codirecteur du théâtre ambulant La Roulotte, il fonde sa propre compagnie, la Compagnie des Sept, en 1943. En 1942 il a monté sa première pièce : La Danse de mort, de Strindberg. En 1945, Meurtre dans la cathédrale, de T.S. Eliot, créé au Vieux Colombier, impose Vilar comme acteur et metteur en scène au public et à la critique. En 1947 il fonde le Festival d'Avignon. En 1951 il est nommé à la tête du Théâtre National Populaire. Son objectif est de faire venir à Chaillot un public populaire, au moins 2500 personnes chaque soir, à un prix très bas. Il créé l'association des Amis du Théâtre populaire, et fonde la revue Bref. Vilar réussit à associer au théâtre les notions de fête, de cérémonie et de service public. Ses mises en scène se basent sur un complet dépouillement scénique : pas de décor, un éclairage très contrasté et proche du travail des expressionnistes, des costumes flamboyants. Il prend souvent des peintres comme collaborateurs. Le théâtre doit être à la portée de tous. Il recherche un nouveau public, un théâtre socialement unificateur. "Il s'agit de faire une société, après quoi nous ferons peut-être du bon théâtre".

Vilar et Picasso

Vilar, l'anarchisme et Gatti

Résistant, déporté, Armand Gatti a été successivement journaliste, cinéaste, auteur de théâtre et metteur en scène. Ami de Mao, de Che Guevara, de Jean Vilar, à la fois poète et homme d’action -pour lui, les deux se confondent-, il a arpenté tous les fronts du siècle, du Guatemala à l’Irlande du Nord, de l’Algérie à Cuba. Avant d’échouer à Monaco, Gatti père participa à la création d’un anti-Etat anarchiste en Patagonie. L’expérience, qui dura quelques jours, se conclut tragiquement. Il s’enfuit aux Etats-Unis, où ses activités syndicales lui valurent d’être enfermé dans un sac, lardé de coups de couteau et jeté dans un lac. Il s’en sortit miraculeusement et réussit à regagner le vieux continent - une chance que ne devaient pas avoir Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti, les deux immigrants italiens anarchistes condamnés à mort dans le Massachusetts à la même époque pour un crime qu’ils n’avaient pas commis, et à qui Gatti consacrera plus tard une pièce: Chant public devant deux chaises électriques.

C’est en camp de concentration que Gatti a eu la révélation du théâtre. Un jour, il a vu trois rabbins lituaniens jouer une pièce, la plus rudimentaire, mais aussi la plus essentielle qui soit. Elle tenait en trois phrases: "Ich war, ich bin, ich werde sein." "J’étais, je suis, je serai." Elle évoquait d’abord le passé, les pogroms, la diaspora, puis la réalité présente, celle du camp, et finissait par un futur improbable. Devant ces hommes qui miment la ronde d’une errance éternelle, Gatti voit l’incroyable se produire: les prisonniers sourient. Le théâtre permet de remettre en perspective la réalité du camp. Il réintroduit la possibilité d’une distance -et par là même d’une grandeur, d’une dignité. Avec cette psalmodie obstinée, les trois prisonniers risquaient leur vie. Ils ne furent pourtant jamais dénoncés. "De ce théâtre du camp est né tout ce qui est devenu nécessité d’expression, disait Gatti à Marc Kravetz. S’il a été collé aux luttes de son siècle, ce n’est pas par besoin de faire du langage politique -là, je crois qu’il y a eu un malentendu perpétuel-, c’était pour répondre à la situation comme le théâtre du camp répondait à la situation. C’était pour répondre à ce qui était en train de se passer, pour trouver le langage qui convenait."